uN domaiNe ProsPère
Que sait-on sur les origines de cette
demeure éventrée pour les commo-
dités d’un fermier ? Peu de choses en
réalité. Qu’elle était au XV
e
siècle le
siège de l’autorité seigneuriale dont
dépendaient aussi deux autres fiefs de
la paroisse de Sainte-Honorine-la-
Chardonne : la Boderie et la Poupeliè-
re. Que sa construction est attribuée à
Pierre Le Boisne, ou plus certainement
à son fils Richard. Que son domai-
ne agricole, aujourd’hui démantelé,
devait procurer assez d’aisance à ses
maîtres pour qu’ils s’autorisent un peu
de confort et de raffinement. Si la vie
du manoir reste peu documentée dans
les livres, au moins quelques épisodes
de sa construction sont-ils encore lisi-
bles dans le granit blond de sa façade.
Quand les premiers travaux de restau-
ration commencent en 1987, la partie
droite, celle du logis d’apparat, possède
toujours sa belle porte ogivale, remar-
quable de sobriété et quasiment uni-
que dans la région. La fenêtre voisine a
perdu ses meneaux mais dans les gra-
vats quelques fragments sont retrou-
vés. Leur identification permettra une
reconstitution certaine.
“Á la Boisnerie,
explique l'actuel propriétaire avec son épouse
Christian Brichard,
on retrouve
toujours une piste, une pierre moulurée dans
un tas de matériaux, un réemploi de linteau
ou de pierre de taille dans une modification
ultérieure qui nous permet de retrouver l’élé-